31 mars, 7h.
Il fait encore sombre. J'attends. Le vent violent donne l'impression d'une présence par les éléments qu'il anime mais je suis seul. Puis d'un coup, quelqu'un enclenche l'interrupteur. Une lumière chaude et rasante enflamme tout sur son passage. Rien ne résiste hormis quelques clandestins de l'ouest. A la vitesse d'un rendez-vous que je risquerai de rater, je cours. Complètement paranoïaque.
Je sors mon "pétrificateur" spatio-temporel pour ne rien manquer et m'approche lentement du spectacle. Un grand drap sombre a été suspendu bas dans le ciel, en lévitation. Un unique projecteur éblouit la scène. Des comédiens tentent des allers-retours entre marais et zones forestières, le vent est violent.
Pour gagner les premières places assises, face au spectacle, l'accès est rude. Je décide de me faire petit. Je progresse les genoux pliés à basse vitesse sur 500 mètres, ponctués de quelques arrêts. Me voici aux meilleurs loges. Les artistes aériens n'ont eu égard de ma grande proximité.
Je ne sais plus où donner de ma tête. Si seulement je pouvais me greffer des yeux partout sur la tête. A droite, à gauche, derrière... ils viennent de partout. Me souvenir de cet instant. Je fige quelques oiseaux avec mon appareil. Bientôt la fin. Le projecteur se feutre jusqu'à disparaître. Un grand rideau noir menaçant se déroule des cieux au sol. Il se déplace rapidement. Vite m'abriter.
02 avril, chaque enjambée me rappelle le spectacle. Je manque d'exercice... les muscles de mes cuisses souffrent le martyr ! C'est le prix à payer...